Des retrouvailles inattendues
Assise dans le couloir avec mon ancienne kiné, j’attendais sa réponse avec impatience Une semaine d’hospitalisation — Partie 2 : Les résultats. Quelques minutes plus tôt, elle venait d’envoyer un message à l’ancien aide-kiné qui m’avait accompagnée pendant ma rééducation. Celui qui passait son temps à me taquiner. Celui avec qui j’avais partagé une partie importante de mon parcours. Les années avaient passé depuis mon départ du centre. Allait-il être disponible ? Et surtout… allait-il se souvenir de moi ?
Pendant que mon ancienne kiné consultait son téléphone, je repensais à cette période de ma vie. À tous ces soignants qui m’avaient accompagnée dans les moments les plus difficiles. Certains étaient partis, d’autres étaient restés, mais tous avaient laissé une trace. Je ne savais pas encore que la suite de cette journée allait être remplie de retrouvailles, de souvenirs… et des derniers examens qui allaient clôturer cette semaine d’hospitalisation.
Je tourne la tête et j’aperçois ce fameux aide-kiné ! Il m’a reconnue immédiatement. On commence à papoter, puis ma kiné s’en va pour s’occuper de son patient. Nous restons tous les deux à discuter de tout et de rien. Nous sommes vraiment contents de nous revoir et de prendre des nouvelles l’un de l’autre.
Puis l’heure du repas arrive. Nous nous disons au revoir et je retourne dans ma chambre. Ma voisine étant absente, je mange enfin dans le calme ! Les repas ne sont pas excellents… Heureusement que j’avais des Mikado pour compléter 😅
Ma voisine et son doudou
Ma voisine revient de son examen extérieur et se remet immédiatement à chouiner. Je finis par comprendre que les soignants ont oublié de lui remettre son doudou. Je sonne donc pour leur demander.
En parlant de soignants, une infirmière (Mon nouvel environnement) que j’avais connue lors de mes débuts travaille désormais dans le même service, mais de l’autre côté du couloir. Dès mon arrivée, elle avait terminé toutes ses entrées de patients pour pouvoir venir me voir. Lorsqu’elle entre dans ma chambre, elle me saute dessus et me fait un énorme câlin. Tout au long de ses journées de travail, elle passe prendre de mes nouvelles : « Envoie-moi un message sur Instagram si tu as besoin. »
Franchement, trop mignonne ! Elle vient même dire bonjour à ma mère et à mon frère. Puis elle appelle l’aide-soignant que j’adorais pour savoir s’il a cinq minutes pour passer me voir. Elle raccroche et me dit : « Il est dans ses changes, il ne peut pas. Mais il travaille jeudi après-midi si tu veux. »
Visites et souvenirs
L’après-midi, je reçois ma copine puis ma mère.
L’assistante sociale m’appelle également pour me rencontrer. Comme je ne suis pas dans ma chambre, elle me donne rendez-vous dans son bureau. Elle vérifie que tous mes documents administratifs sont à jour, notamment ceux concernant la MDPH.
Plus tard, avec ma mère, nous traversons le bâtiment pour retrouver un ancien aide-soignant (Mon expérience unique à l’hôpital). Nous prenons l’ascenseur et je vais directement à l’accueil demander où il se trouve. Sauf que, blonde comme je suis, je me suis trompée d’étage 🤦🏼♀️
Nous l’apercevons finalement derrière une fenêtre, en train de fumer. Nous toquons à la vitre. Il se retourne, surpris. Il nous raconte qu’il s’est blessé et qu’il a dû s’arrêter un mois : une première dans sa carrière.
D’autres soignants nous rejoignent. Une infirmière me fixe soudainement : « Je t’ai déjà vue quelque part ?!
Une soirée qui m’agace
Je retourne ensuite dans ma chambre. Ma mère m’installe pour le repas avant de repartir.
Le proche de ma voisine, que j’avais trouvé particulièrement désagréable quelques jours auparavant, engage finalement la conversation. Au fil de la discussion, nous découvrons que nous habitons à côté l’un de l’autre, que sa sœur est dans un établissement près de chez moi et que son fils joue dans le club où je fais du coaching. Comme quoi…
Les soignantes de nuit
Deux soignantes viennent me coucher. Dès leur arrivée, je ne le sens pas vraiment. Elles ne me centrent pas correctement dans le lit et manquent de douceur.
L’une dit : « où est votre bas de pyjama ?
– Je n’en mets pas, je veux juste le drap s’il vous plaît
– Ah bon, vous ne voulez pas une protection ?
– Non juste sur l’alaise s’il vous plaît. »
Elles m’enlèvent mon pantalon ainsi que ma culotte, il s’avère que j’ai eu un petit accident digestif. Ça arrive à tout le monde, non ? 😅
« Il est où votre sac de linge sale ?
– Je n’en ai pas, ma mère est partie avec, est-ce que vous pouvez me les passer sous l’eau et les mettre dans un sac poubelle svp ».
Elle soupire, attrape mes affaires du bout des doigts en grimaçant puis les pose sur mon fauteuil.
Le cul propre, elles m’installent correctement dans le lit. Je surveille les soignantes du coin de l’œil. Une dit à l’autre : « tiens occupe toi de ces affaires, moi je ne peux pas. » D’un air dégoûté..
L’autre les prend toujours du bout des doigts en grimaçant. Elle se dirige dans la direction inverse de la salle de bain alors je me répète :
« Vous pouvez les passer à l’eau svp
Elle tchip.
– Ce n’est pas à moi de faire ça, c’est à la famille.» Elle va dans la salle de bain avec mes affaires en trainant des pieds.
L’aide soignante fait vite à passer sous l’eau puis elle enferme mes affaires mouillées dans le sac ! Elle aurait pu les laisser à sécher dans la salle de bain pour cette nuit et ses collègues les auraient rangées dans le sac le lendemain…
Ça fuse de tous les côtés dans ma tête, je reste silencieuse.
Pourtant, une question me traverse l’esprit : et les personnes qui n’ont pas de famille, elles font comment ?
Je pourrais m’énerver, mais je suis dépendante d’elles pour le reste de la nuit. Alors je prends sur moi. Laura, inspire. Expire. Dernière nuit à l’hôpital. J’ai surtout hâte de rentrer.
Le dernier examen
Comme les jours précédents, mon petit déjeuner n’est toujours pas préparé.
Mon dernier rendez-vous de la semaine est prévu à 11h45 : une cystoscopie*. La veille, j’ai demandé aux soignants si je pouvais rester au fauteuil pour ce type d’examen, ils ont eu du mal à me répondre pour finalement me dire « je pense que oui, ils ont les rails au plafond ». Heureusement que je pose des questions car eux-mêmes ne savent pas, il faut penser à tout !
Le brancardier vient me chercher à 10h30. Après une très longue attente dans les couloirs, je ne rentre finalement dans la salle d’examen qu’à 13h !!
Une fois installée en position gynécologique, j’explique :
« J’ai passé un scanner lundi. J’ai trois calculs dans la vessie.
L’infirmière ouvre immédiatement mon dossier.
– Ah oui, effectivement… »
Elle appelle alors le médecin.
Normalement, cet examen ne se réalise pas quand il y a des calculs, heureusement que c’est moi qui les ai prévenus sinon on me faisait l’examen sans regarder mon dossier…
La mauvaise nouvelle
Les médecins discutent longuement. Puis l’un d’eux finit par m’expliquer :
« Nous essayons de comprendre pourquoi vous faites autant de calculs en si peu de temps. »
Pendant ce temps–là, j’ai toujours la minette à l’air mais ça n’a l’air de déranger personne…
Les questions s’enchaînent :
« Vous faites des infections urinaires ?
– J’en ai fait au moment de mes calculs. Il y a quelques semaines j’avais des symptômes donc j’ai fait un ECBU qui était positif, 7j après j’avais toujours des symptômes donc j’ai de nouveau fait un ECBU sur la demande de mon médecin traitant.
– Il ne faut pas en faire un deuxième au bout de 7j, forcément il sera positif !! Vous avez changé de sondes urinaires entre temps ?
– Non j’ai toujours les liquick x-treme plus charnière 14.
– Vous faites bien attention aux risques d’infections ? Si votre sonde touche quelque chose, vous la jetez ?
– Oui oui, je fais bien attention.
– Vous buvez ?
– Oui, je bois un à deux litres.
– Votre mère continue de vous sonder ?
– Oui, on essaye tous les 15j, voir 3 semaines.
– Il faut que votre mère le fasse toutes les semaines ».
Elles sont gentilles de vouloir faire toutes les semaines, il faut y avoir la possibilité !
Le verdict tombe : la cystoscopie n’aura pas lieu. J’ai de nouveau plusieurs calculs dans la vessie. Et surtout… Elle ne veut prendre aucun risque car la dernière fois je faisais trop de HRA. Ce sera donc une opération en bloc opératoire…
Les médecins sortent de la salle, les soignantes me rhabillent et me mettent au fauteuil.
Un retour à la réalité
C’était probablement la seule annonce que je ne voulais pas entendre. Toute l’excitation que j’avais à l’idée de rentrer chez ma mère disparaît en quelques secondes.
L’infirmière coordinatrice vient ensuite m’expliquer la suite :
Mon repas m’attend, mais je n’ai plus faim. Comme si cela ne suffisait pas, le taxi prévu pour me ramener annule au dernier moment. Je devais partir à 14h. Je quitterai finalement l’hôpital à 16h.
Suspense…
Quand aura lieu mon opération ? Va-t-elle bien se dérouler ? Et surtout… que vont découvrir les chirurgiens cette fois-ci ?
La suite au prochain épisode 😉
*La cystoscopie est un examen qui permet d’observer la paroi vésicale interne par le biais d’un tube introduit dans l’urètre (comme une sonde urinaire) et doté d’une caméra. Elle est prescrite en cas de bilan diagnostique de troubles urinaires, d’infections urinaires répétées, de sang dans les urines, de suspicion de calculs urinaires ou de cancer de la vessie.

