Enfin les résultats des EFR
Après deux premiers jours déjà bien intenses, la suite de mon hospitalisation s’annonçait tout aussi riche… mais surtout décisive. Si tu as lu Une semaine d’hospitalisation — Partie 1 : Les débuts tu sais que j’attendais avec impatience et un peu d’appréhension les résultats de mes examens respiratoires. Parce qu’au-delà d’un simple bilan, ces résultats pouvaient avoir un réel impact sur mon quotidien.
Continuer comme aujourd’hui ? Adapter certaines choses ? Ou devoir envisager une prise en charge plus lourde…
Finalement, les résultats de mes EFR se sont révélés très positifs : ma capacité respiratoire est passée de 40 à 52 % !! Un énorme soulagement. Pas besoin de gaine, ni d’appareil respiratoire pour dormir, ni de kiné respiratoire.
Tous les taux ont augmenté en quatre ans. L’infirmière a comparé mes EFR de 2022 avec ceux d’aujourd’hui. Elle n’est pas pneumologue, mais elle s’y connaît quand même un minimum. Elle me félicite.
Je fais des exercices de respiration tous les soirs pendant 20 à 30 minutes : je souffle dans mon triflo pour essayer de lever les trois billes. Je travaille dans un sens pour l’inspiration puis je le retourne pour l’expiration.
C’est vrai que parfois j’en ai marre de les faire… mais finalement, je me rends compte que c’est bénéfique. Alors je vais continuer !
Je discute avec l’infirmière en attendant le brancardier, car elle n’a pas voulu que je reparte seule.
Le test de Weber
Une fois de retour dans ma chambre, le médecin et deux internes viennent me faire un test de Weber*.
Un élève infirmier montre aux internes comment utiliser le lève-personne pour me mettre au lit. Et c’est une fois installée au lit qu’on me demande d’enlever ma veste… ça aurait été plus simple au fauteuil 🤦🏼♀️
Le médecin m’explique ensuite qu’elle va me toucher avec son doigt puis me piquer avec un instrument. Elle précise aux internes :
- 0 = aucune sensibilité.
- 1 = sensibilité différente entre le toucher et le piqué.
- 2 = même sensibilité pour les deux.
Elles commencent par comparer avec une zone où ma sensibilité est normale : le visage. Puis elles testent plusieurs endroits :
– le cou
– l’avant de l’épaule
– au-dessus du sein
– à côté du téton
– au-dessus du pli du coude
– le majeur
– l’extérieur de la main.
À chaque fois que le médecin me demande ce que je ressens, je réponds directement : « 0 », « 1 » ou « 2 ». Ça les fait rire. Elles ne vérifient pas mes jambes puisqu’elles savent déjà que je n’y ressens rien.
Les petites réalités de l’hôpital…
L’élève infirmier vient ensuite me remettre au fauteuil. Mon repas arrive au même moment. Je vois la soignante poser le plateau puis repartir aussitôt.
Je soupire :
« Ils déposent le plateau et se barrent… va falloir que je sonne encore. »
L’élève infirmier se propose finalement de m’aider à préparer mon repas. Je lui explique ce dont j’ai besoin et il est content de pouvoir aider.
L’après-midi, j’ai de la visite. Ça fait du bien… et surtout, ça aide à faire passer le temps.
Le soir, petite routine : repas, pyjama, brossage de dents et téléphone jusqu’au coucher.
Une fois au lit, je regarde ma série tout en faisant des mots mêlés. Ma nuit est bien meilleure que la précédente.
Les oublis du matin…
Réveil à 6h puis à 7h45 pour le petit déjeuner. Cette fois-ci, mon petit déjeuner n’est pas préparé :
- tartines non beurrées
- chocolat non mis dans le bol
- médicaments encore emballés…
Pourtant, c’est noté dans leurs transmissions qu’il faut m’aider pour les repas 🙄
Depuis, je surveille systématiquement l’arrivée du plateau.
Je regarde ensuite ma série, heureusement que j’avais téléchargé des films et séries avant l’hospitalisation, puis les soignantes viennent pour la toilette.
Je remarque une odeur et une douleur inhabituelles. Je leur explique que je pense que l’aide-soignante de nuit s’est trompée en me mettant l’Éductyl.
Les soignantes veulent faire ma toilette complète elles-mêmes pour gagner du temps, mais je leur demande un gant afin de faire mon haut du corps seule. Ce n’est pas m’aider que de faire à ma place. J’ai besoin de conserver le peu d’autonomie qu’il me reste. Au moment des soins intimes, elles vérifient… et effectivement, l’aide-soignante s’était trompée. En même temps, elle ne m’avait même pas tournée sur le côté pour mettre le suppositoire… Je demande donc qu’on m’en remette un correctement. Les infirmières viennent ensuite me rassurer : je ne risque rien, cela ressortira naturellement et je n’aurai pas d’infection.
Retrouvailles avec les kinés
Une fois prête :
– eau micellaire
– maquillage
– boucles d’oreilles
… je pars me balader à l’étage inférieur.
Avant mon hospitalisation, j’avais envoyé des messages aux soignants avec qui j’étais restée en contact afin de savoir s’ils travaillaient toujours là. La kiné qui m’avait prise en charge dès mon arrivée dans cet établissement y travaille encore.
Quand j’arrive devant sa salle, une autre kiné me reconnaît immédiatement. On discute quelques minutes puis elle me dit que ma kiné est en balnéothérapie et qu’elle va bientôt revenir. Lorsqu’elle me voit, elle me saute dessus. On est trop contentes de se revoir !
Elle me propose de passer la voir le lendemain après mon IRM pour discuter tranquillement.
Une voisine très… expressive
De retour dans ma chambre, ma voisine recommence à crier sans arrêt. Une soignante essaie de comprendre ce qu’elle veut dire, mais comme elle s’exprime difficilement… elle finit par me demander de traduire 🤦🏼♀️
Une aide-soignante ferme même la porte de la chambre en disant :
« Ces cris sont insoutenables, ce n’est pas cool pour les patients, je ferme la porte. »
Ah bon ? Parce que moi, rester enfermée toute la journée avec les cris, c’est normal ? 😅
J’essaie de parler calmement à ma voisine. Elle se calme quelques minutes… puis recommence. Et finalement, je comprends le problème : elle ne voyait plus le cadre photo de ses parents. Une fois le cadre remis en face d’elle… plus un cri.
Un peu d’air
L’après-midi, je passe du temps dehors avec ma copine et ses enfants. On va au terrain multisport et, avec le soleil en plus, ça fait vraiment du bien. Le soir, mon cousin et sa copine viennent me rendre visite pendant le repas. On discute, on rigole… un vrai moment agréable.
Quand les soignantes viennent me coucher, je leur demande :
« Vous pouvez remettre mon bassin droit s’il vous plaît ? »
Elles me répondent : « il est bien
– Non… il est de travers.
– Comment on fait ? »
Je dois alors leur expliquer comment replacer correctement mon bassin. C’est censé être leur métier pourtant, non ?
L’IRM
Le lendemain matin, même combat : je dois encore demander qu’on prépare mon petit déjeuner. Après ma toilette, direction l’IRM. J’attends longtemps dans le couloir du sous-sol, sans réseau sur mon téléphone. Alors j’observe ce qu’il se passe autour de moi… et je me dis qu’effectivement, il faut de tout pour faire un monde.
Quand vient mon tour, les soignants me transfèrent sur le brancard d’examen. Ils m’installent avec une couverture et un casque pour protéger mes « petites oreilles ». Une soignante me demande :
« Vous avez de la poigne ou de la force dans les mains ? »
Je réponds que non.
Elle m’explique alors qu’ils feront des pauses régulièrement pour vérifier que tout va bien. Le brancard entre dans le tube. Je sens ma couverture glisser légèrement sur ma main gauche, mais je n’ose pas bouger. Aucune musique, juste un plafond blanc au-dessus de moi.
Je ferme les yeux… Et finalement, je crois que je me suis endormie pendant l’examen.
Une surprise inattendue…
Après l’IRM, je rejoins directement la salle de mon ancienne kiné. On discute dans le couloir comme deux vraies pipelettes. Puis on commence à parler de l’aide-kiné qui me taquinait tout le temps ( Mon expérience unique à l’hôpital) à l’époque.
Et là, elle me dit :
« Il est revenu à l’hôpital… mais en tant qu’ergothérapeute. »
Elle lui envoie immédiatement un message pour lui demander de venir me voir.
Pendant qu’on discute, elle me pose plein de questions : ma récupération, ma vie quotidienne, mes études et mon blog qu’elle continue de suivre.
Puis elle reçoit enfin sa réponse.
Est-il disponible ?
Et surtout… se souviendra-t-il de moi ?
*le test de Weber permet d’évaluer la capacité de discerner : distincts sur la peau, et non un seul. Il s’effectue généralement au cours d’un examen neurologique à l’aide d’un instrument avec deux extrémités pointues et permet d’évaluer l’innervation d’une zone cutanée.

