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Être une femme en fauteuil : vivre, aimer, exister pleinement

On pourrait croire que le fauteuil définit tout


Qu’il efface un peu ce qu’on est, ce qu’on ressent, ce qu’on désire. Mais être une femme en fauteuil, c’est être une femme, tout simplement. Avec ses joies, ses doutes, ses envies, son corps qui change, son humour parfois piquant… et cette force tranquille qu’on développe pour avancer, assise, mais debout dans la tête.
Ce texte est une plongée dans mon quotidien, dans mes pensées, dans ce que ça veut dire, vraiment, d’être une femme en fauteuil.

 

Quand le fauteuil devient invisible aux yeux de ceux qui aiment

Aussi surprenant que cela puisse paraître, même à mes yeux, mes proches ont complètement intégré ma situation en fauteuil. Ils l’ont au moins autant intégrée que moi, dans le sens où ils ne la voient plus comme une source de cœur qui se serre, ni comme un obstacle à quelque projet que ce soit.
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Ils m’ont vue faire, expérimenter, découvrir, sourire et rire. Ils me voient comme je suis, sans désespoir ni regrets.

 

Le handicap, encore perçu comme incompatible avec le bonheur

Ne nous leurrons pas : même si nous avançons en terme de sensibilisation, il existe encore une large part de la population persuadée que le bonheur n’est pas atteignable dès lors qu’un handicap est présent.

 

Féminité en fauteuil : une évidence trop souvent oubliée

On pourrait croire qu’être en fauteuil « efface » une partie de qui l’on est, comme si la féminité ou la personnalité s’évaporait derrière les roues. Mais c’est loin d’être le cas.
Une femme en fauteuil peut être séduisante, coquette, audacieuse. Ce n’est pas le fauteuil qui détermine notre capacité à plaire, mais bien notre confiance en nous-mêmes.

 

Mon corps, version fauteuil

Depuis que je suis en fauteuil, mon corps a changé, et pas qu’un peu.
J’ai perdu pas mal de muscles, surtout dans mes jambes de footballeuse qui, autrefois sculptées par les crampons et les sprints, ont gardé un vague souvenir de leur gloire passée… version molle.
Mon ventre, lui, s’est confortablement installé et n’a visiblement pas reçu le mémo sur les complexes.
Et mon dos, lui, a décidé de se plier aux lois de la gravité un peu plus vite que prévu, comme s’il avait pris un abonnement senior sans me prévenir.
Mais malgré tout ça, je reste une femme, avec mon charme, mes rires, mes doutes et mes tenues bien choisies pour tricher un peu avec tout ça.

 

La mode, penser autrement

Une femme en fauteuil n’a pas les mêmes critères vestimentaires qu’une femme valide.
Constamment assise, elle ne peut décemment pas opter pour une minijupe ou un short trop court, sous peine de mini-malaise… pour atteinte à sa propre pudeur.
Elle oubliera sûrement les bas bouffants et les manches trop longues, sous peine de transformer le vêtement en serpillère ou en essuie-roues.
Et que dire des dessous sexy ou des ensembles en dentelle qui grattent et compriment la peau est fragile ? On apprend à renoncer à certains tissus, à certains élans de coquetterie, non pas par manque d’envie… mais pour éviter les escarres, les douleurs ou les frottements inutiles.
Les talons, eux aussi, deviennent un lointain souvenir : jolis mais redoutables, surtout quand on ne peut pas bouger ses pieds pour soulager une pression.


Et parfois, on se demande : sommes-nous encore désirable ainsi ? Est-ce que notre partenaire nous verra toujours comme une femme attirante, alors que nous devons composer avec ces limites ? Cette peur, diffuse mais réelle, s’invite souvent dans le regard qu’on porte sur soi.

 

Être belle malgréou grâce à – son fauteuil

Cela n’empêche en rien une femme en fauteuil de se faire belle. De l’être, même.
Au contraire. Et parfois, notre fauteuil fait même le tri des prétendants : adieu les lourdauds qui sifflent dans la rue, ceux qui, ne voyant pas « les fesses », imaginent qu’il n’y a rien de charmant à voir. Leur manque de délicatesse et d’intelligence minimale les feront passer à côté d’une perle qu’ils ne mériteront assurément jamais.

 

Projets de vie: amour, mariage, maternité

Enfin, une femme en fauteuil est souvent comme beaucoup d’autres, à vouloir se marier et avoir des enfants.
Mais a-t-elle envie de remonter l’allée de la mairie ou de l’église, assise dans une robe qui l’empêche de rouler correctement?
A-t-elle envie de retomber dans la dépendance avec une grossesse qu’elle ne pourrait physiquement pas assumer seule au quotidien ?
A-t-elle envie d’élever un enfant à qui elle ne pourra pas faire faire ses premiers pas, grimper aux arbres ou nager sans brassard ?

 

L’amour, le désir, la sexualité : rien ne s’arrête

Être une femme en fauteuil n’empêche pas de rencontrer quelqu’un, de tomber amoureuse, de vivre une relation, ni d’avoir une vie sexuelle épanouie.
Le désir n’a pas de norme fixe, et la sensualité ne disparaît pas avec la mobilité.
Le fauteuil ne fait pas disparaître le besoin d’intimité, ni la capacité à donner et recevoir de l’amour, au contraire, parfois, il renforce la connexion, l’écoute, la complicité.


Être une femme e
n fauteuil, c’est être une femme avant tout

Être une femme en fauteuil, c’est se poser beaucoup (trop) de questions. C’est aussi devoir répondre à beaucoup (trop) de questions.
Mais en conclusion d’un si bref aperçu de tout ce qu’il y aurait à dire, je dirais simplement qu’être une femme en fauteuil, c’est surtout, et avant tout, être une femme. Pour le meilleur et pour le pire.

 

Ingéniosité et résilience au quotidien

Être en fauteuil, c’est souvent développer des capacités que d’autres n’ont pas :
trouver des solutions pratiques, anticiper les obstacles, gérer le regard des autres tout en restant fidèle à soi-même.
Le fauteuil est une partie de ma vie, pas une définition de qui je suis.
Je suis une personne entière, avec mes forces, mes failles, mes ambitions. Le fauteuil n’est qu’un détail de mon quotidien.

 

Le regard des autres, encore pesant

Combien de fois m’a-t-on adressé la parole comme si j’avais cinq ans ?
À ces moments-là, je me retiens de répondre par une leçon de sarcasme… mais l’envie est forte.
Ce genre de comportement me rappelle qu’il reste encore un long chemin à parcourir pour changer les mentalités.
Non, le fauteuil n’est pas un symbole de faiblesse ou de dépendance absolue.
C’est juste un outil, comme une paire de lunettes ou un vélo électrique.

 

Une vie pleine, simplement différente

Évidemment, tout cela n’exclut pas les épreuves. Mais arrêtez de penser que la vie s’arrête avec un handicap.
En réalité, la vie continue. Différemment, certes, mais avec autant d’émotion, de complexité, et parfois même de puissance.

 

Et vous ?

Comment percevez-vous les femmes en fauteuil ?
Prenez-vous le temps de voir au-delà du visible ?

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2 Comments

  1. A toi warrior que tu es nous savons aussi (enfin nous nous doutons) que tu te poses encore des questions, que tu ne sais pas tout de ta future vie mais comme tout un chacun !
    Ta franchise nous éclaire et nous donne une autre vision sur les personnes en fauteuil…
    Bien sûr que pour nous tu n’es pas un fauteuil mais une femme à part entière qui aime être coquette et qui fait attention à elle. De tout celà tu peux être très fière 😉😘💋🥰

    1. Merci infiniment pour tes mots… ils me touchent profondément !
      Tu as raison : je me pose encore mille questions, comme tout le monde, mais je les vis simplement depuis un autre point de vue… un peu plus bas, certes, mais pas moins humain 😄
      Lire que ma franchise apporte une autre vision, c’est le plus beau retour qu’on puisse me faire.
      Et savoir que vous voyez la femme avant le fauteuil, c’est tout ce que je souhaite à travers mes mots.
      Merci du fond du cœur 🥰🙏

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