Vous n’avez pas lu les précédents épisodes ? Retrouvez les parties 1 Une semaine d’hospitalisation — Partie 1 : Les débuts , 2 Une semaine d’hospitalisation — Partie 2 : Les résultats et 3 Une semaine d’hospitalisation — Partie 3 : Retrouvailles, déceptions et mauvaises nouvelles de mon hospitalisation avant de découvrir cette opération.
Une opération que je redoutais
Je pensais que cette semaine d’hospitalisation se terminerait simplement par un retour à la maison. Mais les derniers examens en avaient décidé autrement. Quelques jours avant ma sortie, les médecins m’avaient annoncé une nouvelle que je redoutais : je devais être opérée pour retirer plusieurs calculs dans ma vessie.
J’ai beau avoir déjà connu plusieurs interventions, l’appréhension est toujours là. L’attente, les questions, l’anesthésie… Ce sont des étapes auxquelles on ne s’habitue jamais vraiment. J’appréhendais mon rendez-vous avec l’anesthésiste. J’osais espérer qu’il me proposerait une anesthésie locale plutôt qu’une anesthésie générale.
Pourquoi avais-je peur des anesthésies générales ? J’ai le souvenir de ma toute première opération suite à mon accident où, lorsque je me suis réveillée, j’étais intubée, l’extubation m’a fait mal et mes poumons n’ont pas supporté l’anesthésie. J’ai eu des difficultés respiratoires par la suite mais je n’ai jamais rien lâché et aujourd’hui tout va mieux. Un an et demi après, je me suis faite opérée pour pouvoir me sonder seule [j’en parlerai plus tard dans un autre article], j’avais préparé mes poumons un mois à l’avance en faisant des exercices de respiration à l’aide d’une machine.
Cette fois-ci, on ne me propose pas d’entraîner mes poumons…
La semaine suivant mon hospitalisation, je reçois un mail de l’infirmière coordinatrice comprenant :
Je réponds à son mail en lui demandant la date de l’intervention afin que je puisse m’organiser. Mon intervention a lieu le 1er avril, est–ce un poisson d’avril ? Non non pas du tout…
J’avais rendez-vous à 7h mais j’ai demandé à décaler mon arrivée plus tard car cela est plus simple pour ma préparation du matin. Ils m’ont donné rdv à 10h, je passe en fin de matinée.
J’appelle mon taxi pour lui demander s’il est disponible pour me déposer à l’hôpital, il vient me chercher à 8h30.
Mon rendez-vous avec l’anesthésiste
En stress dans la salle d’attente pour l’anesthésiste, plusieurs personnes attendent, dont une en fauteuil. Elle portait une robe, mais les soignants l’avaient mal installée, elle n’était pas descendue sous ses fesses, on voyait sa protection ! Qu’est ce que ça peut m’énerver de voir ce genre de choses, ils ne peuvent pas faire attention sérieux, ils aimeraient bien voir quelqu’un de leur famille habillé ainsi ? Ça me rappelle clairement l’hôpital où j’étais obligée de surveiller tout le temps que mon pantalon soit bien remonté pour ne pas voir la lune…
L’anesthésiste m’appelle, je rentre dans son bureau accompagnée de ma mère. Il me pose des questions, il prend ma tension, il m’annonce que je serai endormie 30 minutes… dans ma tête, je me décompose c’est bien anesthésie générale. Je continue mon traitement normalement, j’arrive bien à jeun le matin. Ma mère lui explique la peur que j’ai de l’anesthésie générale (Mon Combat contre les calculs). Il répond : « je vais vous réveiller hein, je vous endors 30 minutes ce n’est rien, pour moi c’est du pipi de chat, vos poumons n’auront pas le temps de s’affaiblir. » Je respire un bon coup ça me rassure. Le rendez-vous fut rapide, une vingtaine de minutes.
Le jour J
Mon auxiliaire arrive, on fait la douche à la Bétadine, on aurait dit que j’étais un Simpson ! J’avais lavé mes cheveux la veille, mon dieu que ça pue ce produit ! Je suis habillée, au fauteuil, prête à partir.
En montant dans le taxi, une seule chose occupait mon esprit : j’espérais que tout se passerait bien… et que cette fois, ce serait enfin la dernière. Me voilà de retour devant les portes de l’hôpital. Cette fois, il ne s’agit plus de passer des examens ni d’attendre des résultats. Aujourd’hui, direction le bloc opératoire.
Même si ce n’est pas ma première anesthésie générale, cette petite boule au ventre est toujours là. Je me pose mille questions. Comment va se dérouler l’intervention ? Les chirurgiens vont-ils comprendre pourquoi je fabrique autant de calculs ? Et surtout… combien de temps vais-je être tranquille avant que cela ne recommence ?
Une grande inspiration…Il est temps d’y aller.
J’arrive plus tôt que prévu : 9h30, ma mère fume sa clope puis nous montons à l’étage correspondant. Je m’enregistre à l’accueil, elle me donne mon numéro de chambre puis les soignants viendront me voir. Je rentre dans la chambre, je vois que je suis seule mais qu’il manque un lit. Je finis à peine d’enlever mon manteau que les soignantes arrivent, j’en reconnais une que j’avais déjà eu auparavant. Elles me transfèrent au lit, me mettent en tenue de bloc, m’accrochent mon bracelet d’identification. Je suis de toutes les couleurs comme à la gay pride 🤣 : charlotte bleue, blouse mauve, chaussettes rouges, couverture blanche, draps jaunes et verts !! Un bisou à la volée à la madré et me voilà partie avec le brancardier.
Direction le bloc opératoire
J’observe autour de moi, les murs et ascenseurs sont assez vieux, le brancardier est mal réveillé je pense car il ne parle pas du tout… comment stresser encore plus ! Il me dépose dans une pièce, il va prévenir des soignants, il me dit « bon courage, à tout à l’heure » puis s’en va. Un black arrive, me transfère de mon lit à un brancard à l’aide d’une dame, ils me déposent dans la salle opératoire. Plusieurs personnes passent me saluer, d’autres s’arrêtent pour regarder par le hublot de la porte. Le bloc opératoire est occupé, une dame s’approche : « bonjour, je suis une des infirmières anesthésistes, je vais vous poser le cathéter, les électrodes, le brassard à tension ». Elle me pose des questions pour faire passer le temps. Elle me dit « est-ce que vous avez froid ?
J’aperçois l’anesthésiste que j’ai eu en rendez-vous. Des personnes viennent me saluer et se présenter, j’ai l’impression que c’est toutes des infirmières anesthésistes. Un monsieur vient me voir : « Tout se passe bien avec ma collègue ?
Mon anesthésiste s’impatiente et fait des allers-retours entre le couloir et le bloc opératoire. Le patient avant moi sort du bloc. Il faut maintenant désinfecter toute la salle avant de pouvoir m’installer.
Quelques minutes plus tard, je rentre dans le bloc opératoire, plusieurs personnes sont déjà présentes et me demandent « pourquoi vous êtes là ? ». Je me répète mais bon ce serait quand même dommage de m’opérer au mauvais endroit ! Elles me transfèrent du brancard sur la table d’opération, mettent mes jambes en mode gynécologique, me demande d’installer mes bras le long de mon corps et me mettent des barrières pour pas qu’ils tombent. Ils m’installent la couverture chauffante, qu’est-ce que ça fait du bien !
L’anesthésiste arrive, il était au téléphone, même pas un bonjour rien. Je sens une chaleur envahir mon corps… mes paupières deviennent lourdes… puis plus rien. L’anesthésiste ne m’a pas prévenue, il m’injecte le produit comme ça, je n’ai pas trouvé ça cool de sa part même si t’es au téléphone ça prend 30 secondes de dire je vous injecte le produit. Bref passons…
Le réveil
J’ouvre les yeux, je suis complètement dans le coltar, la lumière me pique les yeux ! Je tourne la tête à gauche : un mur, à droite : la salle, en face : un mur avec des verrières, je sens que j’ai des lunettes d’oxygène, ça me fait paniquer, je me dis j’ai eu un problème durant l’opération. Tout de suite une soignante vient vers moi : « bonjour mademoiselle, comment vous sentez-vous ?
Elle s’en va, j’ai envie de me rendormir tellement que mes yeux me piquent mais je me dis que non sinon je ne suis pas prête de remonter en chambre ! Je regarde au plafond, j’aperçois plein de personnages de cirques : dompteur, danseur, acrobate, clown, … je trouvais ça original.
La soignante revient : « ça va toujours ?
J’observe, j’écoute les soignants qui discutent et font des allers – retours entre les pièces. Un brancard arrive dans la pièce où je suis, j’entends qu’il doit repartir au bloc, le monsieur discute avec les soignants, il doit être endormi de nouveau alors l’infirmière prend un flacon dans le réfrigérateur. Cela me fait passer le temps puis curieuse comme je suis, je tends l’oreille !
Je tourne la tête pour regarder l’écran, je lis 12h19. J’espère bientôt remonter en chambre parce que l’attente devient longue. Quelques instants plus tard, l’infirmière me retire les lunettes d’oxygène, le brancardier est là. J’essaye de parler avec lui mais les réponses sont brèves.
De nouveau en chambre
13h : J’entre dans ma chambre, j’aperçois ma voisine qui dort dans les bras de Morphée, elle ronfle. Ma mère est là, assise sagement en train de faire ses mots croisés, elle m’empresse de m’embrasser. Je suis contente qu’elle soit là, mon pilier toujours à mes côtés !
Le brancardier me dit « je préviens les infirmières que vous êtes là, bonne continuation !

Les infirmières me demandent : « ça va ? tout s’est bien passé ?
Les infirmières passent de nouveau, elles me rhabillent et me mettent au fauteuil. Une des soignantes me demande : « ta tête me dit quelque chose, t’as pas été hospitalisée dans un autre bâtiment d’ici ? Je n’ai pas le temps de répondre qu’une infirmière prend la parole.
Sur trois soignantes, j’en connaissais deux plus celle que j’ai croisé en salle de réveil. Ma mère me sort : « tu es une vraie mascotte ici ! On se met à rigoler.
Je patiente en discutant avec ma mère, en plus on ne capte rien dans la chambre… La voisine ronfle toujours !
Une infirmière passe me voir pour me prévenir que le médecin ne devrait pas tarder. J’en profite pour appeler le taxi et le prévenir que je suis bientôt libérée.
Enfin une bonne nouvelle
Le médecin finit par arriver : « tout s’est bien passé, j’ai pu enlever tous les calculs, j’ai bien nettoyé la vessie, elle est toute neuve. On en conclut que les calculs ont dû se former avec les fragments des anciens calculs qu’on avait juste cassé comme ça. Là au moins, j’ai pu tout évacuer c’était mieux de faire au bloc opératoire !
Une page qui se tourne… enfin ?
Je rappelle mon taxi, on se rejoint à l’accueil. On a dû attendre car la secrétaire a oublié de cocher une case sur le bon de transport et a été obligée de le refaire. J’avais hâte de rentrer, je commençais à fatiguer !
15h30 : je quitte l’hôpital. En remontant dans le taxi, j’ai ressenti un immense soulagement. Cette journée, je l’avais redoutée pendant plusieurs semaines. Finalement, tout s’est bien passé. Il m’a fallu quelques jours pour récupérer de l’anesthésie, mais je pouvais enfin tourner cette page. Enfin… presque car avec les calculs urinaires, je sais désormais qu’il faut rester vigilant.
J’attends toujours de recevoir le mail de confirmation du rendez-vous du BUD pour ma vessie… je la rappellerai en septembre !
En attendant, je savoure simplement une chose : cette opération s’est bien passée, et c’est déjà une belle victoire 😊
Conclusion
Cette semaine d’hospitalisation et cette opération m’auront rappelées une chose : malgré les imprévus, les peurs et les moments difficiles, il y a toujours de bonnes nouvelles qui finissent par arriver. Aujourd’hui, je tourne cette page avec un immense soulagement… en espérant qu’elle reste définitivement derrière moi !


Bravooooo pour ton courage et tes écrits toujours précis et qui racontent autant tes ressentis et tous les épisodes que tu vis. Tant mieux que tout se soit bien passé 🥰
On croise les doigts pour qu’ils aient tout bien retiré et que tu sois tranquille 🤞
Gros bisous de notre part 💋💋😘😘
Merci pour ton message. Exactement une bonne chose de faite ! Gros bisous 😘
Tu est un exemple pour nous tous Laulote.
On oublie parfois tout ce que tu dois affronter, et pourtant tu gardes toujours cette force. Je suis vraiment heureux que l’opération se soit bien passée. Maintenant, j’espère que tu vas pouvoir tourner cette page une bonne fois pour toutes. 🫶🏼
Ça me touche beaucoup merci 🫶🏼