Quand on parle de rééducation Premier jour en centre de rééducation : entre attente et émotions . On imagine souvent des progrès, des efforts, de la patience. Mais on parle moins de la solitude, de la gêne, et de tous ces petits détails du quotidien qui pèsent lourd. Voici un bout de mon parcours, brut, honnête.
Un quotidien médicalisé

J’avais une sonde à demeure*. Tous les matins et tous les soirs, les soignants venaient vider ma poche dans un pot gradué. Je portais cette poche, j’avais l’impression d’avoir un sac à main peu élégant, dont j’aurais bien aimé me passer.
Premier pas en ergothérapie
Concernant mon planning de rééducation, j’avais une heure de kiné et d’ergothérapie* par jour, du lundi au vendredi. Puis une heure par semaine avec la psychologue.
Pour ma première séance, mon ergothérapeute est venu me chercher dans ma chambre pour aller en salle.
Lorsque j’arrive, j’observe une salle avec des tables séparées, un meuble rempli de caisses avec des sortes de jouets, des poids lestés… En enfilade, il y a une arrière-cuisine, une télé. Je me demande pourquoi (mais j’ai compris bien plus tard).
Mon ergo me pose une avalanche de questions :
« Qu’est-ce que tu arrives à faire ? Qu’est-ce que tu as appris à faire depuis ton accident ? Qu’est-ce que tu souhaiterais faire ? Pour la toilette, ça se passe comment ? Tu arrives à manger toute seule ? Te laver les dents ? T’as déjà essayé d’écrire ?… ».
Pour moi, plein de choses semblaient impossibles dans ce qu’elle me disait !
Le kiné, ce sport de l’extrême
Juste après mon repas, à 13h30, c’était l’heure de la séance de kiné. Parfois, je me sentais trop lourde, trop épuisée pour affronter ma séance !


J’entre dans la salle, adjacente à une autre. J’aperçois des tables de verticalisation, des plans Bobath, des vélos d’appartement, des vélos de rééducation, des barres parallèles de marche, une armoire remplie de petits coussins et de poids lestés.


On me transfère de mon fauteuil à la table de verticalisation à l’aide d’un lève-personne. Ma kiné me fait un bilan complet des muscles du corps ainsi que des amplitudes. Je suis couchée sur la table, je la laisse faire.
Cette séance m’a paru interminable, et sur le moment, j’ai eu l’impression qu’elle ne servait à rien…
Par la suite, mes séances se déroulaient ainsi :
- transfert du fauteuil à la table de verticalisation.
- mobilisation des membres : épaules, coudes, poignets, doigts, jambes, chevilles, pieds.
- mise en position debout avec sangles.
- travail ciblé sur les bras avec des exercices adaptés.
Des complications inattendues

Depuis 5 jours, j’ai de la fièvre. On me met sous antibiotiques. Le lendemain, je passe un scanner de la vessie et des reins : on y retrouve des lithiases*. Deux jours plus tard, on me prescrit des antibiotiques plus forts. Un infirmier de nuit décide de passer aux perfusions pour une action plus rapide.

Un matin, une infirmière vérifie que je n’ai pas de selles. Deux heures plus tard, l’aide-soignante vient faire ma toilette et remarque une trace inhabituelle sur mon sacrum*. Elle appelle l’infirmière qui m’annonce que j’ai un début d’escarre*. Elles m’examinent plus en détail… et là, bingo : j’en ai une aussi sur le côté du pied.
Le médecin est appelé pour venir examiner. Résultat : tout le monde en train d’admirer mes fesses 🤣
Il décide d’un alitement latéralisé jusqu’à cicatrisation. Je ne comprends pas tout de suite. Il m’explique que je serai couchée sur le côté, changée de position toutes les 4 heures. Interdiction de mise au fauteuil. Dans ma tête, c’est le déluge : je vais rester enfermée dans ma chambre, mes visites seront limitées, pas de rééducation. Impossible pour moi d’imaginer ça. Je suis venue ici pour progresser, pas pour régresser !
Tout ça à cause de boudins dégonflés sur mon matelas à air… j’ai vraiment la poisse !
Mon matelas m’a trahie !
Ces jours d’alitement s’annoncent longs.
Mais une chose est sûre : je ne suis pas venue ici pour baisser les bras.
Je vais devoir apprendre à avancer autrement, même clouée au lit. Ce que je ne savais pas encore, c’est que cette parenthèse forcée allait me transformer bien plus que je ne l’imaginais.
À suivre…
* dispositif placé dans l’urètre (canal qui va de la vessie à l’orifice d’où sortent les urines, le méat urinaire), qui permet le drainage des urines depuis la vessie jusqu’à l’extérieur. Cette sonde est reliée à une poche extérieure de recueil des urines.
* intervient auprès des personnes qui éprouvent des difficultés dans la réalisation de leurs activités, en situation de handicap : effectuer soins personnels, se déplacer, communiquer, se divertir, de travailler/étudier, réaliser les tâches qui nous sont propres.
*formation de calculs dans les voies
*os qui réunit la colonne vertébrale au bassin.
*ulcération cutanée, c’est-à-dire une plaie qui se forme au niveau de la peau. Elle est provoquée par une pression constante et/ou un frottement répété sur une zone du corps.


Que de passages passés, enduré, compliqués, douloureux tant physiquement que moralement et quel respect pour toi qui me laisse sans voix. Tu es exceptionnelle ne l’oublie jamais 💪👍👌😉😘💋🥰
Merci beaucoup, ton message me touche comme à chaque fois 🥰 des gros bisous 😘
Comment te dire Laura toute cette admiration que j’éprouve pour ton courage, ta force et surtout face a ce sourire éclatant qui ne te quitte jamais !🥰
C’est adorable 🥰