PASSION

Quand le terrain devient inaccessible, la passion continue

Maintenant que je vous ai parlé de ma carrière footballistique en tant que joueuse dans Mon histoire avec le football, parlons de ce que je peux ressentir lorsque je retourne sur le bord du terrain.

 

Un accident qui change tout, mais pas ma passion


Mon accident a eu lieu pendant la période d’été, la saison de foot est donc terminée, c’est la trêve pour tous les footballeurs/footballeuses. En août, lorsque Marseille avait leurs premiers matchs amicaux, je ne pouvais pas les regarder à l’hôpital : c’était insupportable…

À partir du moment où j’ai réalisé que je bougeais très peu mes membres, ma première pensée fut le foot, ne plus pouvoir jouer était inconcevable, inimaginable…

3 semaines après mon accident, j’ai eu rendez-vous avec mon chirurgien. La première chose que je lui ai demandée : « si je remarche, je pourrais rejouer au foot et faire des têtes malgré mon arthrodèse ? » auquel il m’a répondu « oui bien sûr, tu pourras pratiquer n’importe quel sport à partir du moment où tu ne ressens pas de douleurs ». Alors là, imaginez le grand sourire que je lui ai lâché, c’était un feu d’artifice dans ma tête ! Il m’a tellement requinquée que j’étais déterminée à me battre pour remarcher.

J’ai tout donné et je ferais tout pour remarcher juste pour pouvoir jouer au football… la seule chose qui me faisait du bien et me changeait les idées ! Le foot c’était mon addiction, c’était bon pour ma santé, jamais je n’aurais pensé arrêter le football et encore moins aussi jeune… C’était mon échappatoire, je ne pensais plus à rien, j’oubliais mes problèmes. Je ne retrouverai pas un sport qui me faisait autant bien…

Je visionnais et je visionne encore régulièrement mes vidéos et photos de moi sur le terrain de foot afin de me remémorer la bonne époque…

 

Les gestes qui redonnent le sourire



Mes anciennes coéquipières de Rosny m’ont appelé en FaceTime, dans le vestiaire, pour que je leur fasse mon discours de capitaine. Puis, elles ont fait un cri de guerre en mon nom pour leur premier match ! À chaque match, elles accrochaient sur la barre transversale du but, un maillot écrit « Laura toujours avec nous », une attention adorable de leur part ! Elles ont débarqué à l’hôpital, le jour de mon anniversaire aussi, mais ça, je vous en parlerais plus tard 😉

 


Un de mes anciens clubs (celui de Bréval) a joué un match de coupe. Un des joueurs avec qui je m’entends bien a marqué et a offert la victoire à son équipe. Il avait mis un sac noir sur le banc de touche au début du match, qu’il a été cherché en courant et il en a sorti un tee-shirt sur lequel était inscrit « Laura tout ça c’est pour toi ». Il n’avait prévenu personne, j’ai trouvé cette sollicitude très touchante !

Chaque maillot avec mon nom, chaque cri de guerre dédié, me rappelait que, même loin du terrain, je faisais toujours partie de cette grande famille du football. J’ai adoré les petites attentions, je sais qu’ils faisaient ça pour me faire plaisir, me montrer qu’on ne m’oubliait pas. Mais au fond, ça me faisait mal…


Retourner au bord du terrain : entre joie et nostalgie


Fin janvier 2023, je rentre définitivement au domicile de ma mère. En mars, ma mère a un match de foot, elle me demande si je veux venir et sans réfléchir, je réponds oui. Ce soir là, malgré le vent et la pluie, je me suis installée à l’abri le long des vestiaires un peu éloignée du terrain mais je voyais bien le match. Je me suis gelée les fesses au passage 🤣 Ma mère a voulu m’emmener dans le vestiaire avec elle. J’étais gênée, je ne connaissais pas le coach, ni toutes ses coéquipières.

Voir ma mère et son équipe habillées en tenue de match comme celle que je mettais m’a déconcertée : sensation bizarre… Je suis revenue sur les terrains sans appréhension, tout s’est bien passé même si je n’ai plus ma place de joueuse sur le terrain.

 

Quand le terrain devient inaccessible, le cœur reste sur la pelouse


De les voir jouer me donnait des frissons, l’envie de les aider. Mais ne pas pouvoir, ne pas avoir les capacités était traumatisant, agaçant, énervant, déstabilisant…

Le bruit du ballon frappé, les encouragements des supporters et même l’odeur de la pelouse trempée par la pluie : tout cela me manquait cruellement.

C’était émouvant pour moi de retourner sur un terrain mais je restais forte.

 

Le coaching, un nouveau souffle pour ma passion


Aujourd’hui cela fait un an et demi que je coache une équipe féminine dans le club de Bréval, j’y prends goût même si mes filles ne sont pas toujours faciles. J’essaye de leur apprendre du mieux que je peux, de trouver les bons mots afin que je sois bien explicite puisque je ne peux pas démontrer. Alors oui, je n’ai pas une voix qui porte donc elles m’entendent très peu lors d’un match. Oui l’hiver c’est pénible, les terrains gras auxquels je ne peux pas accéder car la terre se coince dans mes pneus ! Oui, les centres de formation ou stades ne sont pas tous accessibles. Oui, je suis une coach différente des autres !

J’ai énoncé les inconvénients mais on peut parler des « avantages » :

  • Je peux me garer facilement aux abords des stades sur les places réservées.
  • Je suis privilégiée en étant aux bords des terrains lorsque j’assiste à des matchs de professionnels.
  • Je mets le bazar et les gens s’adaptent à moi.

 

Je stresse carrément lors des matchs de mes joueuses, je vis le moment avec elles. Parfois, en les voyant en galère, j’aimerais tellement pouvoir entrer sur le terrain les aider. Certaines adversaires font trop de chichis, ça me donne envie de les découper avec un bon coup d’épaule ou un tacle 😅

Les cris de guerre après une victoire, je suis obligée de chanter avec les filles, pourtant c’est leur moment ! On ne voit jamais les entraîneurs crier avec leurs joueurs mais je le fais parce que c’est mon moment de lâcher prise de toute cette haine de ne plus pouvoir pratiquer le foot.

Maintenant c’est compliqué de trouver des filles vraiment passionnées, qui vivent foot comme moi. Tu vas en avoir deux trois par ci par là mais c’est tout. La plupart viennent au foot pour être entre copines, être « à la mode » en disant « je fais du foot », dire qu’elles font du sport, …

Beaucoup de choses m’énervent : les voir souvent absentes, au moindre bobo elles se plaignent, elles ne font pas d’efforts pour y arriver, elles ont un anniversaire ou autre elles n’hésitent pas pour y aller… Bref je dois me mettre en tête qu’aujourd’hui ce n’est pas la même génération et ce ne sont pas des Laura 😬

En enseignant, je me rends bien compte que même si je ne suis plus sur le terrain, je suis toujours connectée à ce jeu que j’aime tant.

Certes, je ne peux plus jouer, néanmoins, j’ai toujours le moyen de transmettre ma passion!

 

Une passion qui dépasse les obstacles


Une passion ne disparaît jamais vraiment, même lorsque la vie nous met face à des épreuves. Elle évolue, se transforme et trouve des chemins inattendus pour continuer à vivre en nous. Pour moi, le football a pris une autre forme : de joueuse, je suis devenue coach, transmettant ce que j’aime à travers d’autres.

Les obstacles ne détruisent pas une passion, ils la transforment, lui donnent un nouveau sens. Peu importe ce que vous traversez, votre passion vous rappellera toujours qui vous êtes et vous donnera la force de continuer à avancer. Elle est là, pour vous guider, pour vous inspirer, et parfois pour vous sauver. Alors, accrochez-vous à ce qui vous fait vibrer, car c’est là que réside la véritable résilience.

Une passion, c’est bien plus qu’une activité. C’est une partie de nous-mêmes qui continue de vivre, même dans les moments où on pense l’avoir perdue.

Si vous êtes passionné(e) de sport, de résilience ou d’histoires inspirantes, partagez votre expérience et inspirez les autres en me laissant un commentaire 😉

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